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jeudi 1 octobre 2009

Les allumeurs de réverbères

La motivation est un concept flou qui peut être difficile à définir car on ne peut pas la voir, seulement constater ses effets. Je serais portée à la comparer à de l'énergie potentielle qui se transforme, dans les bonnes conditions, en énergie cinétique. Elle permet d'enclencher les actions et les apprentissages, à surmonter les difficultés, à porter à terme nos projets, ... Mais, je suis portée à croire que c'est encore plus que cela. En effet, je crois que c'est une attitude positive que doivent instaurer les enseignants dans leur classe qui permet notamment d'engager les élèves dans des situations, de favoriser leur apprentissage (par exemple par la persévérance) et de leur donner le plaisir d'apprendre et d'aller à l'école!

J'ai trouvé l'article ci-dessous très intéressant! On dénigre parfois les enseignants, mais je suis d'accord avec M. Laporte, ils sont des allumeurs de réverbères. Ils doivent être intéressant et motiver les enfants car si les enfants aiment leur enseignant, ils vont souvent aimer apprendre et aimer l'école.

Si les profs pouvaient...
19 septembre 2009
Stéphane LaporteLa Presse

C'est en septembre que ça se décide. Parfois même dès le premier cours. La cloche sonne. Trente élèves s'assoient à leur pupitre. Soixante paires d'yeux fixent la porte de la classe. Impatients de savoir de quoi a l'air le prof. Parfois sa réputation le précède et elle entre en premier. Les jeunes ont déjà peur. Les plus vieux leur ont dit qu'ils allaient passer par là. Ça peut aussi être le contraire. Les jeunes sont déjà turbulents. Baveux. Les plus vieux leur ont dit que c'était un mou.

Le professeur arrive, les élèves l'analysent. Ils le scannent de la tête aux pieds. Sa démarche, son habillement, ses cheveux, son poil aux oreilles, son manucure, ses mèches, son parfum, son accent, ses tics. Ils n'ont que ça à faire. Le regarder. Durant toute la période. Alors ils le font. Quand le premier cours est terminé, leur idée est faite. Ils vont aimer ou pas le français, les mathématiques, la chimie, la biologie, la géographie ou l'éducation physique selon qu'ils aiment ou n'aiment pas M. Proulx, Mme Boily, M.Dutil ou Mme Bernier.

Je me demande à quel point les profs sont conscients que l'école c'est eux. Ce sont eux les stars. Ils sont les Guy A. Lepage, Julie Snyder, Marc Labrèche, Louis-José Houde de leur matière. Ce sont eux qui l'animent. Ce sont eux qui y donnent vie. Qui rendent ça intéressant ou ennuyant. Qui partagent leur passion. Si le prof est sur le pilote automatique, le cours va crasher, c'est sûr. Mais si le prof fait de la haute voltige à la Luchini, en récitant des vers ou en déclamant ses dictées, les élèves seront au septième ciel. Bien sûr, personne n'est condamné à être génial. Les profs sont comme les sportifs, les politiciens, les plombiers, les chroniqueurs, ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont.

Mais on ne devient pas cuisinier si on n'aime pas manger. Alors on ne devient pas professeur si on n'aime pas enseigner. Si on n'aime pas donner un cours. Donner une représentation. Pas besoin que le cours de physique devienne un spectacle du Cirque du Soleil, il faut juste que les élèves sentent que leur maître trippe sur la matière. Ça prend de l'entrain. De l'enthousiasme.

Combien d'heures j'ai passé à dessiner des bonshommes dans mon cahier parce que le prof lisait ses notes sans lever les yeux. Monotone. Fatigué. Résigné. Le courant ne passait pas parce que le prof était en panne. D'inspiration. Il n'y a qu'une seule façon d'apprendre, c'est en aimant. Si on ne fait pas aimer aux élèves ce qu'on leur demande de retenir, ils ne s'en souviendront jamais. L'indifférence n'a pas de mémoire.

Si j'aime autant écrire, c'est beaucoup à cause de Mme Lamoureux au primaire, M. Saint-Germain au secondaire et de M. Parent au cégep. Des profs qui l'avaient. Ce n'était pas des bouffons. Oh que non. Mais leur vocation était sincère et bien visible. Car c'est de cela que l'on parle. Tenir assis sur des sièges une trentaine de ti-culs pendant toute une journée, faut le faire. Même les parents ont de la misère à captiver leurs enfants durant un week-end. Imaginez durant une semaine, des étrangers se relayent pour essayer de transmettre connaissances, culture et savoir-vivre à un auditoire qui ne rêve qu'aux vacances de Noël. Faut le faire.

Et il n'y a qu'une seule façon de le faire. Pour intéresser, il faut être intéressant. Bien sûr, il y aura toujours des cancres qui resteront insensibles à un cours d'anglais même si c'était Angelina Jolie ou Brad Pitt (c'est selon) qui l'enseignait. Mais la grande majorité des élèves ne demandent pas mieux que d'embarquer. Encore faut-il que le monsieur ou la dame en avant veuille les mener plus loin que la fin du cours. Plus loin que la charge de travail imposée.
Le Québec est le royaume du décrochage. C'est peut-être parce que les jeunes ne sont jamais accrochés. C'est plate, mais c'est aux adultes de le faire. Les médecins ont la responsabilité de guérir les patients. Les profs ont le devoir d'intéresser les élèves. C'est bête de même. C'est beau de même.

C'est sûrement la plus noble des tâches. Permettre à un individu de grandir. Dans tous les sens du terme.

Si c'est le devoir des profs de stimuler leurs élèves, c'est le devoir de la société de stimuler les professeurs. En valorisant leur tâche. En structurant les écoles autour de leur talent. En leur permettant d'être imaginatifs.

Un professeur peut changer la vie de quelqu'un. Peu de gens ont ce pouvoir. Il peut être un allumeur de réverbères. Comme il peut être un éteignoir.
C'est en aidant les professeurs à être meilleurs que les élèves le seront. C'est la seule réforme possible.


L'école, qu'elle s'appelle l'école Champlain, l'école Élan ou l'école Sainte-Jeanne-D'arc, c'est l'école Pierre Dubois, c'est l'école Mlle Provencher, c'est l'école Virginie. C'est l'école des professeurs.
Quelqu'un devrait l'apprendre aux directeurs de commissions scolaires et aux sous-ministres.

http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/stephane-laporte/200909/19/01-903470-si-les-profs-pouvaient.php

vendredi 17 octobre 2008

À quoi sert l'école?

À quoi sert l'école? Voilà une grande question sur laquelle se sont penchés Marie-France et ses invités le 2 octobre 2008 dernier dans l'émission télévisée Bazoo.tv. La journaliste au quotidien La Presse Katia Gagnon, ainsi que des chroniqueurs, dont faisait partie Christian Dufour, ont émis leur opinion sur le sujet. Voici un extrait de cette discussion qui m'a fait réfléchir en tant que future enseignante.



-Katia Gagnon: Une des missions des écoles est de donner aux enfants le goût d’apprendre. Il faut apprendre aux enfants à vivre ensemble.


-Christian Dufour: (...) Ce qu’il manque, c’est le contenu. (..) J’entendais Katia dire que le défi, c’était d’apprendre aux jeunes le goût d’apprendre et aussi d’apprendre à vivre. Mais moi, il me semble que l’école, c’est d’apprendre des choses et non de leur donner le goût d’apprendre. Moi je pense que ce qu’il manque c’est des professeurs qui apprennent des choses à des élèves. On placote d’un tas d’affaires : il faut les aimer, les aider, les encourager tout ça… (..) Mais, la transmission brute, ancienne, classique des connaissances, il me semble qu’il y a un vrai problème la dedans.(...)Moi, je suis revenu à des méthodes un peu plus classiques et je me dis que si la matière entre, s’il faut gaver, gavons. L’important c’est qu’il y ait de la matière, qu’ils apprennent quelque chose.


Pour ma part, je suis complètement d'accord avec Katia Gagnon. L'école doit être un véritable milieu de vie qui favorise la responsabilisation et la vie en collectivité. Elle doit être un environnement où les enfants veulent découvrir des connaissances. Je pense qu'on ne doit pas être nostalgique du passé car le système scolaire a beaucoup évolué pour le mieux. Pour contrer le problème du décrochage scolaire et pour stimuler les enfants à acquérir des connaissances, les enseignants se doivent de rendre les apprentissages signignificaifs pour les enfants et d'adopter une démarche favorisant la découverte. De plus, ils doivent mettre l'enfant au coeur de toutes les décisions pour encourager son développement socio-affectif. Cela peut se faire, entre-autre, par une l'utilisation d'une approche coopérative en classe.


Pour ce qui est des commentaires de M. Dufour, je crois que le fait de gaver les enfants de connaissances pour favoriser les apprentissages est une méthode qui fonctionnerait avec une minorité d'enfant. En effet, je suis convaincue que le phénomène du décrochage scolaire en serait augmenté de façon exponentielle! Je suis d'accord que nous nous devons de transmettre des savoirs aux élèves, mais de façon à ce qu'ils restent encrés en eux, car les connaissances ingurgitées par gavage sont presque toujours évacuées instantanément.



Voir la discussion à l'adresse:http://www.bazzo.tv/emission.aspx?id=9

dimanche 12 octobre 2008

L'enseignant, un passeur de culture...

Dans la section suivante, je tenterai de vous faire montrer pourquoi il est important pour moi d'être un passeur de culture. Vous verrez aussi une activité culturelle que j'ai faite dans un stage.


Instruction: des pierres dans un sac. Culture: une graine dans un pot.
-Maurice Chapelan-

D'après l'institution internationale de l'UNESCO : « La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société, un groupe social ou un individu. Subordonnée à la nature, elle englobe, outre l'environnement, les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions, les croyances et les sciences. »(définition de l'UNESCO de la culture, Déclaration de Mexico sur les politiques culturelles. Conférence mondiale sur les politiques culturelles, Mexico City, 26 juillet - 6 août 1982)


Je suis d'accord avec l'auteur et le journaliste Maurice Chapelan. En tant que future enseignante, j'essaierai de cultiver les élèves puisque je suis convaincue que l'éducation à la culture est primordiale et a un rôle majeur dans l'éducation. La culture permet aux enfants de s'épanouir personnellement, en affirmant leur personnalité, en développant leur créativité, leur imaginaire et en éveillant leur sensibilité.


De plus, elle permet de développer un sentiment d'appartenance à la société. Elle favorise la compréhension de nos racines parce que la culture c'est aussi notre patrimoine et notre histoire. Milan Kundera, un écrivain français écrivit d'ailleurs: « La culture, c'est la mémoire du peuple, la conscience collective de la continuité historique, le mode de penser et de vivre.»


Finalement, je pense qu'avec des aspects culturels comme les arts, les lettres, les sciences,... il est possible de rejoindre des enfants qui ont moins d'intérêt dans l'école. Aussi, cela peut stimuler des enfants ayant des difficultés d'apprentissages et de comportement. En effet, la culture peut devenir pour ces enfants différents ce qu'en défini le sociologue français Edgar Morin. D'après lui, «La culture, c'est ce qui relie les savoirs et les féconde.»


Dans ma classe...
Dans mon stage en maternelle, nous exploitions le thème de l'alimentation. J'ai présenté le peintre Italien Arcimboldo à mes élèves. Je leur ai montré des toiles et nous en avons discuté. Puis, les enfants ont réalisé une oeuvre à la manière d'Arcimboldo en découpant des aliments dans des catalogues d'épicerie. Ils devaient mettre des aliments de tous les groupes alimentaires. Cette activité a été faite en équipe de coopération.

Image tirée de Graphic Garden:http://www.graphicgarden.com/

Les yeux d'un enseignant

Selon moi, une des plus grandes capacités d’un enseignant réside dans le fait qu’il doit être capable de voir le monde à la fois à travers les yeux de l’enfant et à travers les yeux d’un professionnel.

« L’enseignante doit passer avec ses enfants derrière le miroir et, dans ce prisme de l’imaginaire, elle doit voir toutes choses avec leurs yeux et avec les limites qui sont celles de leur expérience; mais, lorsque la nécessité s’en fait sentir, elle doit être capable de recouvrer sa vision exercée et, avec le point de vue réaliste de l’adulte, de fournir aux enfants les repères du savoir et les outils de la méthode »
- John Dewey